TER : l'extension du cadencement se fera à petite vitesse

Publié le par ARDSL

Le cadencement des horaires des TER va continuer à être étendu sur le réseau ferroviaire français à l'occasion du passage aux horaires 2012 qui entreront en vigueur à la mi-décembre 2011. Mais cette extension sera réalisée à un rythme beaucoup moins soutenu que prévu.

TULLINS 004Le cadencement des trains régionaux ne sera pas mis en place en France en une seule fois au cours d'un "big bang" mais de manière progressive au cours des prochaines années, a indiqué Alain Quinet, directeur général délégué de Réseau Ferré de France (RFF), lors d'une rencontre, le 15 mars 2011, avec des journalistes.

Le cadencement consiste à organiser les dessertes à horaires réguliers, ce qui permet notamment aux usagers de les mémoriser plus facilement et à RFF de mieux planifier les sillons (créneaux de circulation des trains) entre trains de voyageurs, de marchandises et périodes de travaux.

Actuellement, "en moyenne 8 % des TER en France sont exploités avec des horaires cadencés", a détaillé Alain Quinet. "Pour les horaires 2011-2012, nous estimons que 15 % devraient l'être".

Hubert du Mesnil, président de RFF, a précise de son côté que le processus est mené par étape de façon pragmatique en fonction de la volonté des régions. Il s'agit de parvenir à un compromis entre un schéma et des opportunités. "L'entrée en service du TGV Rhin-Rhône entraînera une nécessaire adaptation des horaires de TER dans les régions desservies par ce nouveau service. Mais il aura également des impacts sur une grande partie du réseau français", a ajouté le patron des infrastructures ferroviaires.

Sujet sensible

Deux régions ont choisi de rester à l'écart du cadencement, la Bretagne et de Pays de Loire qui attendent la mise en service de leur TGV prévu pour 2017 pour adapter au cadencement leur grille TER.

Pour ne pas désorienter les usagers qui vivent mal des chamboulements d'habitudes horaires, les élus préfèrent en effet réaliser un changement d'un seul coup.

Source ces derniers mois de fortes tensions entre RFF et la SNCF (et les Régions ont aussi leur mot à dire), le cadencement reste un sujet hautement sensible. Comme l'ont signalé nos confrères de la Ville Rail et Transport, la ministre de l'Ecologie Nathalie Koscziusko-Morizet a envoyé une lettre de cadrage aux deux acteurs publics du rail, à l'issue d'une réunion du 3 mars 2011 au ministère.

NKM y indique que la priorité va à "la robustesse du réseau" et qu'il convient d'adopter une attitude pragmatique. La SNCF ayant fait valoir qu'une généralisation prévue de ce système d'exploitation allait entraîner de "graves difficultés d'exploitation".

"Nous sommes passés au cadencement depuis 5 ans, et nous en avons encore pour 5 ans", détaille Hubert du Mesnil. Dans son plan d'action, RFF pensait cadencer en 2012 la moitié des horaires du réseau ferré. Le rythme va donc être marianiralenti. "Il n'est en tous cas aucunement question de faire machine arrière sur le cadencement", précise de son côté le secrétaire d'Etat aux Transports Thierry Mariani qui participait à la réunion du 3 mars.

La principale explication de cette levée de pied tient aux restrictions budgétaires auxquelles doivent faire face les conseil régionaux, autorités organisatrices des TER. "En 2012, les régions ne souhaitent pas mettre un sou de plus pour l'exploitation des TER", résume Hubert du Mesnil. Or, pour diverses raisons, le cadencement s'est souvent accompagné d'une augmentation de l'offre de trains. Elle a pu représenter 15 % de circulation en plus, comme en Rhône Alpes.

Pas de cadencement à marche forcée

"Personne n'est opposé au cadencement qui permet une meilleure utilisation du réseau ferré, résume Jacques Auxiette", président du conseil régional Pays de Loire et président de la commission ferroviaire de l'Association des régions de France (ARF). "En revanche, nous dénonçons le cadencement à marche forcée car cette bonne idée se révèle coûteuse à mettre en place. Depuis la loi de finances de 2009, les conseils régionaux ne peuvent plus voter aucun impôt direct. Alors que par aileurs, l'Etat a gelé ses dotations et envisage même de les baisser ", déplore le réprésentant des régions françaises.

Article publié par www.mobilicites.com le 19 mars

Publié dans Service 2012

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