Les Bressans mobilisés pour sauver les dessertes ferroviaires entre Dijon et Bourg-en-Bresse

Publié le par ARDSL

La Région Bourgogne a organisé lundi 28 mars à Louhans (Saône-et-Loire) le comité de ligne Bourg-en-Bresse - Dijon. Élus et usagers étaient présent en nombre pour tenter d'infléchir la position de la région Bourgogne qui entend réduire à 4 (et même 3 le week-end) le nombre d'aller-retour TER entre Dijon et Bourg-en-Bresse.

Le document officiel du comité de ligne 28.03 Louhans présentation28.03 Louhans présentation

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Ligne de la Bresse : faible fréquentation ... et bientôt des trains en moins

Moins de TER entre Dijon et Bourg-en-Bresse dès 2012

Le Journal de Saône-et-Loire a assité ce comité de ligne. Ci-dessous l'article paru à la une de son édition du 30 mars.


 

2 allers-retours sur 6 seront supprimés au mois de décembre entre Seurre et Bourg. Mervans et Louhans sont concernés. « Inadmissible ». Les Bressans ont refusé lundi [28 mars] ces modifications et rencontreront la Région et SNCF le 4 avril.

Après les pétitions et créations de collectifs, l’affrontement était cette fois-ci verbal entre les Bressans d’un côté et la Région et SNCF de l’autre. L’enjeu : le maintien des TER existants.

La foule, la protestation et même le sujet du débat n’étaient pas sans rappeler un vieux démon des Bressans : le TGV Rhin-Rhône.

Pourtant lundi [28 mars], ce n’est pas le projet de grande vitesse qui en a fait crier certains au Palace à Louhans. Non, les 150 personnes provenant de collectifs, d’associations mais aussi en tant que simples usagers et élus de tous bords étaient présentes pour défendre leurs trains régionaux.

Des suppressions de dessertes, des modifications d’horaires et de trajets (alternances train/bus) sont en effet envisagées par le Conseil régional et la SNCF d’ici la fin de l’année. Des mesures inacceptables pour les Bressans présents dans la salle face aux deux structures.

D’habitude discret (celui du 25 novembre dernier était passé inaperçu) ce comité de ligne, qui vise à présenter les modifications prévues, s’est donc changé en affrontement. « C’est la première fois qu’il se déroule sous cette forme, le premier d’une longue série », lâchait Jean-Paul Pinot en charge du transport ferroviaire à la Région avant de se faire d’emblée couper la parole.

Cette parole, c’est le collectif SOS — TER de la Bresse, fer de lance depuis un mois du mouvement qui l’a reprise à son compte. Après avoir contesté les faibles chiffres de fréquentation relevés dans les trains bressans par la SNCF, une représentante du collectif s’insurgeait « Avez-vous réfléchi aux conséquences humaines pour les usagers ? […] C’est inacceptable pour le service public. Certains vont perdre leur emploi, d’autres déménager. […] Ce sont des disparitions importantes dans l’organisation de la vie quotidienne. À terme, c’est la disparition de la ligne de la Bresse qui est visée. »

« On veut pouvoir rentrer chez nous »

Les principales critiques du public concernaient l’absence de trains à certains horaires clefs pour les étudiants et les travailleurs dijonnais et bressans. « C’est un coup de poignard dans la mobilité en Bresse, lançait Alain Cordier, président du Pays de Bresse. La ligne de la Bresse est électrifiée et moderne. Les clients vont venir s’ils voient des trains cadencés. […] Aujourd’hui, la région Bourgogne est la seule à mettre 25 millions d’euros sur les routes. »

L’utilisation de bus pour relier Seurre à Dijon était également un motif de contestation des Bressans. « Le bus, vous pouvez le supprimer parce qu’on ne le prendra pas», expliquait Gérald Contini, l’un des premiers à avoir lancé des pétitions en Bresse.

Face à un public déterminé, et à des phrases chocs sans appel : « On veut pouvoir rentrer chez nous », « j’ai l’impression que tout est déjà décidé » ou « dites-moi comment mon petit-fils peut rentrer le soir ?», le comité de ligne a proposé à une délégation de cinq à six personnes un rendez-vous à Dijon lundi.

Une discussion qui s’annonce compliquée pour les Bressans. [...] Les modifications prévues seront définitives à compter du 11 avril. De plus, les techniciens justifiaient ces nouveaux horaires par une logique de cadencement nationale. « On bouge tous les trains dans toute la France » expliquait un responsable de la société. Le combat sera âpre.

La défense de la ligne de la Bresse dépasse les clivages

Le collectif SOS—TER de la Bresse avait déjà mené campagne durant les élections cantonales. Présent ou représenté, il était cité dans la plupart des réunions publiques par des candidats de tous bords. Le collectif peut ainsi se targuer d’avoir obtenu plus de 1 300 signatures sur sa pétition remise [lundi 28 mars] au Conseil régional.

S’ils n’aiment pas détailler leurs signataires politiques, de peur d’en omettre ou d’en froisser, ces derniers étaient fiers de s’afficher ou de signaler leur soutien à la cause du TER bressan. Lundi [28 mars], Marie- François Muller, maire de Châteaurenaud était par exemple à quelques pas du député européen UMP Arnaud Danjean. Le projet cassait les lignes du côté des organisateurs. Alain Cordier (Verts-Europe-écologie), présent au bureau du comité de ligne près de Michel Neugnot (PS) son ancien collègue au conseil régional qui animait le comité a redit son opposition à toute suppression de ligne. Enfin, on peut noter qu’Actif en Bresse (anti-TGV) et le collectif des cheminots se retrouvent à défendre ces TER malgré leur désaccord historique concernant le TGV.

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