Pas de commutauté de tarif en Valais

Publié le par ARDSL


VALAIS LE VALAIS RESTE SUR LE QUAI 8 avril 2011 - GILLES BERREAU TRANSPORTS PUBLICS

 

Seul avec Uri et Glaris à ne pas avoir de communauté tarifaire, le Valais planche sur deux solutions. Parmi les différentes offres d'abonnements proposées par les transports publics, CFF en tête, il en est une dont seuls trois cantons suisses sont totalement privés: les communautés tarifaires. Cette solution régionale et suprarégionale est intéressante pour les pendulaires effectuant toujours le même trajet dans une région précise, en utilisant le train et le bus notamment. Aux côtés d'Uri et Glaris, notre canton fait une nouvelle fois figure de parent pauvre de la grande régie ferroviaire. Mais cette fois, la faute n'en incombe pas seulement aux CFF.

 

L'Etat du Valais a sa part de responsabilité. En Suisse, il existe vingt communautés tarifaires régionales. On les trouve dans les grandes agglomérations, mais pas seulement, puisqu'en Suisse romande, tous les cantons sont desservis, Jura y compris. Tous sauf? le Valais. Deux études Le chef du Service cantonal valaisan des transports Pascal Bovey rappelle que le principe de base de ce type d'abonnement est de choisir le tarif le plus bas en vigueur auprès des différents transporteurs. Ce qui permet au voyageur une intéressante économie. "Mais cela a un coût. En Suisse romande, généralement le canton paie pour compenser le manque à gagner des transporteurs."

 

Et le chef de service de citer les exemples genevois et vaudois qui ont baissé les prix et compensent la différence. En Valais, plusieurs études ont été réalisées par le passé en vue de concrétiser une telle communauté tarifaire. On a même pensé y adjoindre les remontées mécaniques. La dernière réflexion date de 2003. Mais, au moment de passer à la caisse, l'Etat du Valais a fait, à chaque fois, marche arrière. "Il a jugé la démarche trop chère", indique Pascal Bovey. Pourtant, les choses pourraient changer, enfin. En effet, deux études-pilotes sont en cours, l'une dans le Haut-Valais, l'autre dans le Chablais valaisan et vaudois. "La première concerne l'agglomération Brigue - Viège et Naters.

 

La seconde, celle d'Aigle - Monthey. Les résultats devraient être connus pour la fin de l'année", note le Service valaisan des transports. Qui va payer? Deux modes de financement sont étudiés. Le premier prévoit de faire passer à la caisse le canton, mais aussi l'agglomération régionale. L'autre projet imagine tout bonnement de répercuter l'ensemble de la facture sur le voyageur.

 

Mais est-ce bien réaliste, alors que l'on cherche à inciter le public à lâcher le volant de sa voiture pour choisir les transports publics? "Avec le prix de l'essence qui n'en finit plus de s'envoler, le choix des transports publics sera de plus en plus évident sans incitation supplémentaire", argumente Pascal Bovey. Autre raisonnement: "Avec un territoire aussi grand - 180 kilomètres de long - et une population aussi peu dense, il est beaucoup plus difficile et coûteux de mettre en place une communauté tarifaire bon marché qu'à Genève par exemple." Et le chef de service de comparer le Valais aux Grisons. Une comparaison qui a ses limites, puisque dans ce canton on est tout de même parvenu à mettre en place deux petites communautés tarifaires (Haute-Engadine et Davos). Et sans l'implication des CFF.

 

Réponse fin 2011 Aux CFF, François Gatabin, chef du trafic régional pour la Suisse romande, tente aussi de justifier cette situation par la géographie du Valais qui implique la création d'une multitude de zones. "De plus, le tissu valaisan des entreprises de transports publics est très axé sur le tourisme, alors qu'une communauté tarifaire doit régler avant tout le problème du service public, le canton proposant de réduire le tarif de base.

 

 Mais cela dépend de la capacité financière du canton. Pourtant, comme pour les CFF, je pense qu'il y a désormais en Valais une volonté d'aller de l'avant." Melly confiant Pour Jacques Melly, le conseiller d'Etat en charge des transports, "la mobilité est une priorité de mon département. Ma volonté est de trouver rapidement une solution pour mettre en oeuvre une communauté tarifaire pour les agglomérations valaisannes dans un premier temps, puis pour tout le canton. Nous avons lancé deux études-pilotes pour évaluer d'une part la valeur ajoutée d'une telle offre et d'autre part les possibilités de financement." Ces études seront achevées d'ici à la fin de l'année et permettront, si elles sont concluantes, de réaliser la communauté tarifaire fin 2012. Article paru dans le Nouvelliste

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